Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Morphée dans tous ses états

Morphée dans tous ses états

Dormir et rêver... Quoi de plus naturel ! Et pourtant chaque nuit des milliers de personnes vivent un enfer... Conseils, nouvelles techniques, humeur du moment, films, nouvelles, BD, dessins,événements, tout ce qui concerne le sommeil est dans le blog du Réseau Morphée.

Les mécanismes du sommeil

Meca-sommeil.jpgNous vous avions annoncé les conférences sur le sommeil de la Cité des Sciences. Les éditions Le Pommier en ont fait un livre «Les mécanisme du sommeil : rythmes et pathologies».

En voici l’intro…


Nous passons le tiers de notre vie à dormir, avec plus ou moins de succès. Un temps aussi long doit correspondre à des fonctions singulièrement importantes ! Ces dernières commencent tout juste à être connues. Malgré son importance, notre sommeil est malmené. Considéré comme une perte de temps dans une société où le rendement et l’action sont valorisés, le sommeil est pourtant le moment de la reconstruction et de la renaissance quotidienne, qui permettent à chacun d’être au mieux de sa forme et en pleine possession de ses moyens. Le mal moderne des pays industrialisés est le manque de sommeil. Il faut savoir qu’on dort en moyenne 1 h 30 de moins qu’au début du XXe siècle. Cette dette de sommeil n’est pas sans conséquences sur la santé : elle a un coût physiologique !
Depuis l’aube de l’humanité, le sommeil est considéré comme un état mystérieux, qui s’apparente à la mort, le dormeur étant immobile, apparemment inactif. Dans la mythologie grecque, la déesse de la nuit, Nyx, est la mère de nombreuses divinités, dont Morphée, le dieu des songes, et deux frères jumeaux : Hypnos, le dieu du sommeil, et Thanatos, le dieu de la mort. Pour les Grecs, les notions de mort et de sommeil étaient donc très proches.
Au XIXe siècle, cette parenté est encore très présente. En 1834, dans son ouvrage intitulé The Philosophy of Sleep, Robert Macnish, membre de la faculté des médecins et chirurgiens de Glasgow, écrivait : “Le sommeil est un état intermédiaire entre la veille et la mort ; la veille étant considérée comme l’état actif de tous les animaux et des fonctions intellectuelles, et la mort comme celui de leur suspension totale.” On en savait donc encore très peu sur le sommeil, son origine et ses fonctions.
Pour les débuts de l’étude quantitative du fonctionnement biologique du cerveau, il faut attendre la découverte de Richard Caton, un physiologiste écossais qui, en 1875, met en évidence des rythmes électriques dans le cerveau animal. Et ce n’est qu’en 1928 que, grâce au psychiatre allemand Hans Berger, la démonstration est faite de manière indiscutable que le sommeil n’est pas un état passif. Les enregistrements de l’activité électrique cérébrale montrent très clairement des différences de rythmes électriques entre l’état éveillé et l’état de sommeil. Ce dernier est considéré comme un état actif. L’étude de l’activité électrique cérébrale au cours du sommeil ne fait alors que commencer.
Les années suivantes ont été riches d’enseignement. Dans un de ses célèbres ouvrages sur le sommeil, intitulé Sleep, le chercheur J. Allan Hobson écrit, en 1989 : “On a plus appris sur le sommeil dans les soixante dernières années qu’au cours des 6 000 précédentes.” En 1959, à Lyon, en observant des chats dont l’activité électrique cérébrale est proche de celle de la veille alors que, paradoxalement, l’animal est complètement endormi et relâché, Michel Jouvet découvre un stade particulier du sommeil qu’il appelle “sommeil paradoxal”. En même temps ou presque, les Américains Nathaniel Kleitman, Eugene Aserinsky et William Dement décrivent le REM sleep, un sommeil présentant des mouvements oculaires rapides (Rapid Eye Movements) et mettent en évidence son rythme au cours de la nuit. Cette découverte fait l’objet d’une controverse importante qui aboutit à un nouveau concept : l’activité du cerveau au cours de la journée ne se résume pas à un état binaire (veille, sommeil), mais passe en réalité par trois états de “ vigilance ” : la veille, le sommeil à ondes lentes et le sommeil paradoxal.
Côté clinique du sommeil, les connaissances avancent plus lentement. Connue depuis la nuit des temps, l'insomnie est essentiellement rattachée aux aléas de la vie et aux soucis. La somnolence, qui intrigue beaucoup nos médecins, reste un symptôme mal identifié, qu’ils situent entre fatigue, paresse et simulation, exception faite pour la narcolepsie ou syndrome de Gélineau, décrit en 1880, et le syndrome de Pickwick (du nom du personnage fort bien campé par Charles Dickens dans Les Aventures de M. Pickwick), qui associe obésité, ronflement et somnolence majeure. En 1976, Christian Guilleminault identifie les apnées du sommeil comme un syndrome particulier. Et, depuis les années 1970, la médecine du sommeil se construit petit à petit. Aujourd’hui, la Classification internationale des troubles du sommeil ne comporte pas moins de soixante-quatorze troubles spécifiques (insomnies, troubles respiratoires au cours du sommeil, hypersomnies, troubles des rythmes circadiens, parasomnies, pathologies en rapport avec des troubles moteurs, autres troubles et troubles du sommeil de l'enfant). Nouvelle discipline au sein de la médecine, le sommeil n’est reconnu comme spécialité qu’aux États-Unis et en Allemagne.

Les auteurs, Sylvie Royant-Parola, Claude Gronfier et Joëlle Adrien,  vous invitent à découvrir la suite avec les
éditions du Pommier


Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

chrisalain 08/10/2007 15:19

c'est rigolo! je viens de lire un livre policier qui a pour theme les mecanismes du sommeil ,la recherche et ce que pourrait faire un psy fou...

Royant-Parola 08/10/2007 18:08

J'imagine qu'il s'agit de "nuit interdite" de Serfaty: http://www.morphee.biz/article-3552626.htmlRemarquable!

sieglind la dragonne 08/10/2007 12:00

Cette angoisse du sommeil-mort se traduisait aussi par les coussins innombrables qu'on se fichait dans le lit, histoire de dormir n'importe comment mais certainement pas allongé comme un gisant... ça a duré pas mal de temps cette mode mine de rien... Encore heureux qu'on ai dédramatisé un peu cette fonction vitale, ce boulet d'angoisse s'ajoutant à d'autres, c'était pas une vie et le sommeil devait être plus qu'agité hé, hé...Bonne journée vous-deux, je file...