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Morphée dans tous ses états

Morphée dans tous ses états

Dormir et rêver... Quoi de plus naturel ! Et pourtant chaque nuit des milliers de personnes vivent un enfer... Conseils, nouvelles techniques, humeur du moment, films, nouvelles, BD, dessins,événements, tout ce qui concerne le sommeil est dans le blog du Réseau Morphée.

Jet-lag et anesthésie

Ou comment voyager en restant sur son lit (d’hôpital) ...

Vous avez tous (ou presque tous!) eu, un jour, une anesthésie. Souvenez-vous au réveil,  ce sentiment de décalage, d'être à côté de la plaque, vaguement béa (sauf si la douleur était là). Suivi souvent de troubles du sommeil bizarres: pas sommeil au bon moment, réveil trop tôt. Eh bien, les chercheurs strasbourgeois apportent des réponses... Il semblerait que les anesthésiques agissent sur nos horloges internes...

D’après un communiqué de l’INSERM du 8 juin :

(à propos de l’annonce d’un article à paraître : “Reciprocal Relationship between General (Propofol) Anesthesia and Circadian Time in Rats”- Etienne Challet, Sylvaine Gourmelen, Paul Pevet 1, Philippe Oberling et Laure Pain. Neuropsychopharmacology (sous presse)

9 millions d’anesthésies générales sont pratiquées chaque année en France. Bien que les produits utilisés soient aujourd’hui éliminés très rapidement, de nombreux patients se plaignent de troubles du sommeil et d’une grande fatigue pouvant persister jusqu’à cinq jours.

Grâce à une mise en commun de compétences en chronobiologie et en modélisation des problématiques de l’anesthésie, des chercheurs de l’Inserm et du CNRS à Strasbourg démontrent pour la première fois qu’une anesthésie par propofol perturbe l’horloge interne cérébrale et induit un effet de type décalage horaire. Ces travaux sont en cours de publication dans Neuropsychopharmacology.

Les progrès réalisés en matière d’anesthésie ont permis d’assurer un maximum de sécurité pour les patients au bloc opératoire. Les recherches actuelles s’intéressent désormais aux conséquences désagréables de l’anesthésie et visent essentiellement à l’amélioration de la qualité dans ce domaine.

Ainsi, l’élimination plus rapide des produits utilisés permet aux patients de limiter leur séjour à l’hôpital, voire pour quelque 30% d’entre eux de bénéficier d’anesthésies en ambulatoire, c’est-à-dire sans hospitalisation.

Pourtant, un grand nombre de patients se plaignent encore d’une mauvaise qualité de sommeil, de troubles de l’attention, d’épisodes de somnolence et d’une fatigue inexpliquée les jours suivant une anesthésie générale. Des symptômes qui surviennent même lorsque l’anesthésie est de courte durée (20 à 30 minutes) et ne s’accompagne pas de geste chirurgical (coloscopie par exemple). Ces perturbations qui persistent jusqu’à 5 jours après l’anesthésie limitent une reprise rapide des activités familiales et/ou professionnelles et peuvent provoquer des incidents du fait de troubles de l’attention.

 


Dès 2001, l’équipe de Laure Pain (unité Inserm 666/Hôpitaux universitaires de Strasbourg), suggérait un éventuel effet perturbateur de l’anesthésie sur les rythmes circadiens (qui régulent sur 24 heures l’alternance veille-sommeil), voire une action directe de l’anesthésie sur l’horloge biologique interne cérébrale (structure cérébrale qui régule ces rythmes). Après quelques études expérimentales pilotes menées chez le rat, avec le soutien de l’Institut Fédératif des Neurosciences à Strasbourg et du département de Neurobiologie des Rythmes de l’Institut des Neurosciences Cellulaires et Intégratives (CNRS/Université Louis Pasteur), les premiers résultats ont confirmé une perturbation des rythmes circadiens après une anesthésie de courte durée (30 minutes) chez le rat. Ce qui a permis à l’équipe d’obtenir en 2004 un financement de l’European Society of Anesthesiologists afin de répondre à la question suivante : l’anesthésie a-t-elle un effet direct en soi sur l’horloge interne cérébrale?


Pour cela, les chercheurs ont mis en commun leurs compétences en modélisation animale des problématiques cliniques de l’anesthésie (Laure Pain/Inserm) et en chronobiologie (Etienne Challet/CNRS) grâce à la mise à disposition d’un nouvel équipement spécifique, le Chronobiotron (Unité d’expérimentation du CNRS destinée à l’étude des rythmes biologiques et à la manipulation des cycles lumineux et autres facteurs environnementaux. (Dirigé par Paul Pevet)

Les résultats sous presse dans Neuropsychopharmacology, montrent pour la première fois un effet direct sur le rythme circadien d’une anesthésie générale par le propofol. Cet anesthésique, utilisé en pratique courante chez les patients, induit une perturbation du rythme circadien chez le rat en décalant son horloge interne cérébrale. Une perturbation qui équivaut chez l’homme à un effet de type « jet-lag », par exemple décalage horaire engendré par un vol Paris-New-York.


"Chronobiotron",  c’est beau comme nom !

Il y a un petit côté Professeur Tournesol que j’aime bien

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isis 18/06/2006 10:20

drolement intéressant !! mais je préfère les vrais décalages horaires ! pas pour l'effet mais pour la raison ! bon dimanche !

Briesing 18/06/2006 00:07

Moi qui aime voyager, je comprends maintenant pourquoi j'ai tant apprecié aussi partir sous anesthésiant ! :))))))))))))))

Patsy 15/06/2006 12:38

Bonjour,
me voilà de retour
L'article est vraiment d'actualité puisque pour moi aussi, la fatigue a été ressentie à l'extrême voici 4 ans après une opération du dos qui a duré 3h30.
Comment savoir si c'est la vraie cause?
Bisous

ann 15/06/2006 09:44

C'est après une anesthésie que j'ai ressentis les premiers signes de la narcolepsie. En discutant avec d'autres malades , nous nous sommes aperçus que nous étions plusieurs pour qui une anesthésie avait déclenchée les debuts de la narcolepsie. j'avais déjà subit 5 ou 6 ansthésies générales sans aucun problème. Celle ci ne m'a pas réussi.